44ème CRITERIUM DES CEVENNES
UN AUTRE MONDE

Jusqu'à présent je ne m'étais jamais rendu à Montpellier pour raison sportive et je n'avais jamais participé de ce fait au fameux Critérium des Cévennes. Ce rallye si mythique et tellement convoité par les amoureux de la discipline est véritablement une épreuve pas tout à fait comme les autres. Non croyez-moi, il faut s'y rendre pour constater que lorsque l'on entame les routes cévenoles au nord de la région montpelliéraine, on doit s'attendre à rencontrer et à accepter des situations peu banales et parfois rocambolesques.

Toutefois ce déplacement m'a rappelé à maintes reprises un bel arrière goût de "mon païs". Un comparatif évident avec les tracés sinueux des contreforts du Plateau Ardéchois. Mais le climat n'est pas vraiment identique avec cette forte dominance du climat méditerranéen. Par ailleurs le Mistral et notamment l'orage savent terriblement brouiller les cartes lors des diverses étapes de ce Critérium. Il faut être costaud, futé et fin connaisseur pour surmonter la violente tâche qui s'offrent aux compétiteurs de ce meeting d'automne. Gardons à l'esprit que de nombreuses lignes de la légende du sport automobile français se sont aussi écrites sur les flancs de ces montagnes et dans le fond de ces vallées, un arrière-plan de châtaigneraies et de feuilles mortes, sans oublier une senteur de feu de bois, l'avant dernière manche du Championnat de France.

Après ma participation au dernier Rallye du Mont-Blanc - Morzine en tant que chronométreur, je renouais à l'occasion de cette épreuve avec cette mission qui est bien souvent contraignante mais sans grosses surprises.


Toutefois il est peut arriver que cette fonction se transforme en lourde charge en rapport avec les éventuels aléas de la situation ou de l'emplacement fixé par l'organisateur. En compagnie des quelques amis qui m'accompagnaient ce week-end là, nous avons du nous accommoder des péripéties et des complications de communications.

En effet de gros soucis de lignes téléphoniques ne nous ont pas permis d'officier dans la plus grande quiétude. Il fallu même improviser la transmission des informations initialement prévue depuis le Point Stop par l'intermédiaire des lignes installées à proximité immédiate du poste de chronométrage... Petite gymnastique matinale dans la plus grande fraîcheur du lever du jour, mistral assourdissant en prime...

Aussi, après avoir assuré notre mission du samedi matin, nous avons profité de notre liberté du samedi après-midi pour faire en quelque sorte connaissance avec les autres hauts-lieux de cette "Mecque du Rallye". Une sympathique opportunité pour nous de voir ainsi l'étendue du plateau composé d'une multitude de concurrents engagés dans cette épreuve.

Malgré des conditions météorologiques peu favorables à la promenade, certains équipages n'avaient pas rechigné à s'élancer dans les spéciales avec des voitures de course si peu courantes. Une vision assez saugrenue de cet engin à la parure jaune et noire, arraché à la nuit noire et glaciale de novembre, au terme d'un chrono acharné mené "tambour battant" dans les environs de Sumène. Sans plus d'explications, nous avons bien compris que c'était ça "l'esprit Cévennes" !

Voici une vue d'ensemble de notre ligne de chronométrage du
Dimanche à l'arrivée de la spéciale de "La Cadière - Sumène".
Les spectateurs étant déjà postés sur les les lieux depuis la
veille au soir, c'est bien aux officiels de s'adapter à ces
conditions surprenantes lors de leur arrivée au jour de la course...
En revanche il faut souligner que le service d'ordre est de
taille et suffisamment étoffé afin de palier à tout débordement
du public. Les cellules de chronométrage étaient parfaitement
surveillées et le balisage en place fut tout autant respecté
par les spectateurs. Du bon boulot !